Vivre, c’est vieillir, rien de plus …

meditation simone et moi

Vivre, c’est vieillir, rien de plus …

Je n’ai jamais vécu tant de réminiscence
Ca s’en va, ça revient, comme un petit rien
Il vaut mieux cependant, moi pauvre terrien
Que je vous narre ici toute mon indécence

Simone de Beauvoir a dit sans réticence
Que vivre, c’est vieillir, rien de plus et c’est bien.
Exister, c’est oser se jeter dans l’humain.
Dans tous les geignements flâne ton espérance

Écrire au masculin, renier le féminin
Cracher mon mal être et relâcher mon venin
Serait mon avenir, ma nouvelle aventure

Pourtant je veux survivre, abuser de l’espoir
Je veux rire, chanter, donner sans recevoir
Je désire être moi, simplement, sans couture

Le locataire

 

etat-des-lieux-remise-en-etat punk

Le locataire

Trop simple voyageur pour oublier le temps
Tu devais déposer tout au plus ton bagage
Sommaire comme toi, le verrou de ta cage
Tu t’est enraciné un beau jour de printemps

Tu n’a pas vu passer les nuits à contretemps
As-tu tout entendu: les larmes, le craquage
Les mots tant recherchés, les erreurs de langage
Emménageant là-bas, seul pour bien trop longtemps

Chute sur les pavés, espoir de renaissance
Le temps t’a rappelé juste en pleine croissance
Manifeste-toi donc, plus loin que la rumeur

Dégagé pour mourir sous la lame efficace
Martyr du bistouri d’un médecin sagace
Je te dis au revoir, ma petite tumeur

Réinitialisation

renaissance

 

Réinitialisation

Mon crâne poinçonné barricade le store
Toi ma tumeur crampon qui déloyalement
Sabotait mon destin ainsi tout simplement
L’aube, tu la tuais, criminel inodore.

Ma tumeur m’a tout pris, me butinant encore
M’égarant dans le temps, je coule lentement
Je me ronge à survivre, au passé qui me ment
Terre arable du songe, oh douce métaphore.

Dérobant en passant le propos d’un auteur
Vol d’une catachrèse, écrire à la hauteur
Concevoir un sonnet devient très difficile.

L’esprit réamorcé, je me donne le temps
Les mots vont me venir, ils chantent le printemps
Des jours neufs se pointent sur ma vie indocile

 

Un hérisson bien particulier

 

différentes coupes courtes petit et numéroté

9 juin 1

Un hérisson bien particulier

Dans ce miroir sans tain, rêve l’extrait fugace
De picots qui poussent comme ce hérisson
Oh qu’est-ce qu’il m’émeut, piquant dans la chanson
Pourtant je le vois, tout doux, au fond de la glace

Un peu d’humidité masque cette surface
Je repasse la main, cet ultime frisson
J’élimine avec soin la pointe de soupçon
Mais je ne vois que moi dans ce reflet sans trace

Je caresse piano ce reflet renié
Le support est frotté, le brouillard essuyé
Tout en m’examinant, je remarque une bosse

Lugubre cicatrice, auguste souvenir
Grâce au bistouri, j’ai sauvé mon avenir
De mes cheveux rasés, me nargue une brosse

 

Ps: vendredi 19 juin, je vais chez le coiffeur me faire recouper les cheveux derrière
Ce sera après mure réflexion, la coupe 3 ou 8

Le cerveau en puzzle

 

 

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Ai-je insulté les dieux, tumeur très ancienne
Point de cadeau banal, tu ne m’as rien fourni
Méningiome doux, mais occupant fini
En pourrissant mes jours, moi l’auguste doyenne

En avançant trop loin, voilà tu t’es fait mienne
Huit centimètres sur mon cerveau racorni
Rasage, bistouri, le portrait dégarni
Basta ma maladie, averse diluvienne

Des propos décousus, cherchant en vain mes mots
Les jambes tricotant, des petits pas vieillots
Tout déraillait en fait, même l’autonomie

Un disque colossal écrasait mon cerveau
On me l’a retiré, de mon corps en lambeau
Existence en débris, ma craniotomie