Réinitialisation

renaissance

 

Réinitialisation

Mon crâne poinçonné barricade le store
Toi ma tumeur crampon qui déloyalement
Sabotait mon destin ainsi tout simplement
L’aube, tu la tuais, criminel inodore.

Ma tumeur m’a tout pris, me butinant encore
M’égarant dans le temps, je coule lentement
Je me ronge à survivre, au passé qui me ment
Terre arable du songe, oh douce métaphore.

Dérobant en passant le propos d’un auteur
Vol d’une catachrèse, écrire à la hauteur
Concevoir un sonnet devient très difficile.

L’esprit réamorcé, je me donne le temps
Les mots vont me venir, ils chantent le printemps
Des jours neufs se pointent sur ma vie indocile

 

Un hérisson bien particulier

 

différentes coupes courtes petit et numéroté

9 juin 1

Un hérisson bien particulier

Dans ce miroir sans tain, rêve l’extrait fugace
De picots qui poussent comme ce hérisson
Oh qu’est-ce qu’il m’émeut, piquant dans la chanson
Pourtant je le vois, tout doux, au fond de la glace

Un peu d’humidité masque cette surface
Je repasse la main, cet ultime frisson
J’élimine avec soin la pointe de soupçon
Mais je ne vois que moi dans ce reflet sans trace

Je caresse piano ce reflet renié
Le support est frotté, le brouillard essuyé
Tout en m’examinant, je remarque une bosse

Lugubre cicatrice, auguste souvenir
Grâce au bistouri, j’ai sauvé mon avenir
De mes cheveux rasés, me nargue une brosse

 

Ps: vendredi 19 juin, je vais chez le coiffeur me faire recouper les cheveux derrière
Ce sera après mure réflexion, la coupe 3 ou 8

Le cerveau en puzzle

 

 

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Ai-je insulté les dieux, tumeur très ancienne
Point de cadeau banal, tu ne m’as rien fourni
Méningiome doux, mais occupant fini
En pourrissant mes jours, moi l’auguste doyenne

En avançant trop loin, voilà tu t’es fait mienne
Huit centimètres sur mon cerveau racorni
Rasage, bistouri, le portrait dégarni
Basta ma maladie, averse diluvienne

Des propos décousus, cherchant en vain mes mots
Les jambes tricotant, des petits pas vieillots
Tout déraillait en fait, même l’autonomie

Un disque colossal écrasait mon cerveau
On me l’a retiré, de mon corps en lambeau
Existence en débris, ma craniotomie

La marmotte

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La marmotte

Tout le long du Vercors, marchant sur le chemin
Tremblotant constamment, le cœur part en chocotte
Je traîne les pieds mous, sans penser à demain
Détour inattendu: je croise une marmotte

Se tenant là devant moi, haut perché tout droit
Guettant l’aigle royal, elle aboie alarmante
Sous l’adret dénudé, perdue en cet endroit
Elle prend le soleil, ma princesse bouvante

Elle gravit le col, apparat alarmant,
Quittant Lans en Vercors pour gagner Mougerotte
Tout d’un coup, elle part, tramant un coup fumant
Dessus le brin alpin, va petite cocotte

Je mets le chocolat dans le papier d’alu …
Mais comment fais-tu pour? J’ai l’esprit vermoulu !

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De plano

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De plano

Oyez oyez humains, restez sans déguerpir
Mon passé meurt enfin, deuil en pleine débâcle
Trouvant là mon sauveur, au delà de l’obstacle
Au fond de mon cachot je ne veux plus croupir

Dolce, fermez vos yeux, sans pour autant dormir
Venez très chers amis, assister au spectacle
Prenez ce bout de bois transformé par miracle
En brosse souvenir, émanant d’un soupir

Je vais m’envoler haut, sur mon balai magique
Loin, très loin de vos yeux, sans aucune logique
D’un regard cristallin, gazouillis soprano

Planant dans votre ciel, sans aucune balise
Mon balluchon sorcier pour unique valise
Je suis bien dans ma peau, je m’en sors de plano